au Klimaforum

Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 15:15

naomi.jpgAvant de reprendre le bus pour Paris, une vidéo de Naomi Klein au Klimaforum, dernière réaction avant la fin de la COP-15.

Pour Naomi Klein, la belle histoire du "tout le monde sur le pont" pour sauver le climat s'est mal terminée. Le sommet a échoué. Mais pas question de déprimer, de se démobiliser ; car "tout n'a pas été essayé. Beaucoup d'entre nous ont été réduits au silence au Bella Center." Il est donc "plus important que jamais de mettre en avant cette dynamique" :


Par Arnaud Bihel - Publié dans : au Klimaforum - Communauté : Ecologie et Environnement
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 08:03

sireneAnd the winner is... Monsanto.

Dans le port de Copenhague la statue de la Petite Sirène est l'emblème de la ville. Et ce mardi, au Klimaforum, le "Prix de la Sirène en Colère" était attribué au pire lobbyiste. Il s'agit de mettre en lumière « ces groupes d’affaires et entreprises qui ont fait les efforts les plus considérables pour saboter les négociations climatiques ». Des lobbyistes qui « murmurent à l'oreille des politiques » et sont les « marionnettistes » des négociations sur le climat, estime Nnimmo Bassey, directeur des Amis de la Terre International - une des associations à l'origine de ce prix.

Au Bella Center les représentants de ces groupes de pression sont plus nombreux que les représentants des ONG. Ce sont eux qui ont le pouvoir car ils ont l'argent, résume Naomi Klein. Et « notre boulot est de suivre l'argent à la trace ».

 

Monsanto : c'est un nom connu de tous qui se trouve ainsi "récompensé". Dix mille personnes ont pris part au vote, sur internet et au Klimaforum. Le géant des organismes génétiquement modifiés était nominé pour son lobbying en faveur de crédits carbone pour son soja “RoundupReady” cultivé pour produire des agrocarburants, très critiqués pour leur impact social mais aussi environnemental dans les pays du Sud. La firme joue ainsi un rôle direct dans les négociations de la COP-15. Monsanto oeuvre également pour que les cultures de soja génétiquement modifié soient financées par des mécanismes de compensation. Les industries pollueuses des pays développés compenseraient ainsi leurs émissions par l’achat de crédits tirés de ces cultures de soja OGM.

 

Sept autres groupes ou firmes étaient nominés, la plupart moins connus mais également mis en cause par la Sirène en Colère pour leurs pressions nuisibles au règlement de la crise climatique. Ainsi, l'Institut Américain du pétrole (API), arrivé en 3ème position des votes. Principal groupe de pression de l'industrie pétrolière aux États-Unis, il représente 400 entreprises. Au mois d'août dernier, la fuite d'une note de service a révélé que l'API invitait ses membres à participer aux réunions publiques dans les Etats américains sur la législation sur le climat. Une tactique destinée à donner l'impression d'une opposition massive de l'opinion publique au projet de loi, que l'industrie pétrolière combat farouchement.

Par Arnaud Bihel - Publié dans : au Klimaforum - Communauté : Ecologie et Environnement
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 18:47

police.JPGTandis qu'il neigeait à gros flocons ce mardi dans les rues de Copenhague, les rapports entre militants et forces de l'ordre sont devenus brûlants. Les voix se font de plus en plus fortes pour dénoncer des arrestations « arbitraires », plusieurs centaines ces derniers jours. Des interpellations permises par une loi votée le mois dernier au Danemark, permettant les arrestations préventives.

Et au sein même du Bella Center, où se déroulent les négociations de la COP-15, les représentants des ONG accrédités se plaignent de restrictions d'accès cette semaine.


 


 

Lors de la grande marche pour la « justice climatique » samedi, près d'un millier de manifestants, loin d'être tous des casseurs, ont été arrêtées, menottés, forcés à rester assis plusieurs heures en pleine rue, en plein froid. Le lendemain, plusieurs dizaines de participants à une manifestation de plus faible ampleur, qui avait pour objectif de bloquer le port, ont été interpellés à leur tour.

Dans la nuit de lundi à mardi, la police s'en est pris au quartier de Christiania – une zone underground autogérée dans Copenhague – et a à nouveau procédé à près de 200 arrestations. Pour les autorités, des barricades en feu, puis des cocktails molotov lancés sur les forces de l'ordre, ont justifié cette intervention ; les personnes présentes sur place, elles, dénoncent une réaction disproportionnée et l'utilisation par la police de lacrymogènes dans sous un chapiteau qui abritait une fête.

 

A chaque fois, la quasi-totalité des personnes interpellés sont relâchées au bout de quelques heures. Il s'agit juste d'innocents, « présents au mauvais endroit au mauvais moment », estime la porte-parole d'Amnesty International Danemark. Des associations danoises de défense des droits de l'homme ont appelé le gouvernement à ouvrir une enquête sur ces pratiques policières.

Les manifestants, il est vrai, étaient prévenus. Fin novembre, le parlement danois a voté une loi « anti-manifestations », autorisant justement les arrestations préventives, étendant les gardes à vue et les poursuites pour des actes de désobéissance civile.

 

Tensions aussi au Bella Center

 

Pour les organisations présentes au Klimaforum, les autorités danoises « bafouent les libertés publiques élémentaires ». Mais les militants venus du monde entier à Copenhague l'assurent : ils ne se « laisseront pas intimider ». Mercredi matin, une nouvelle manifestation est prévue devant le Bella Center, tandis que des membres d'ONG, à l'intérieur du centre de conférence, feront également entendre leur voix. Car cette semaine, les représentants de la société civile  présents au Bella Center sont eux aussi en colère. Des centaines d'entre eux se voient refuser l'accès aux principales salles de négociations, un deuxième niveau d'accréditation ayant été mis en place.

 

Et ce mardi après-midi, l'un des animateurs du réseau Climate Justice Action, Tadzio Muller, a été arrêté à sa sortie du centre de conférence ; accusé, semble-t-il, de violences et troubles à l'ordre public.

Climate Justice Action fait partie des organisateurs de la manifestation de ce mercredi matin. La marche vers le Bella Center était prévue de longe date, pour porter les revendications de la société civile et des pays du sud. Mais le bras de fer entre police et manifestants risque de prendre le pas sur les enjeux climatiques.

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : au Klimaforum - Communauté : Media - Actualité générale
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 14:42
agro.jpgAu Klimaforum, on parle des solutions au réchauffement climatique, ainsi que des "fausses solutions". Parmi ces dernières, les agrocarburants. Officiellement qualifiés de biocarburants en France, présentés comme une alternative efficace au pétrole, ces carburants élaborés à partir de plantes (Jatropha, canne à sucre, colza, soja...) sont de plus en plus décriés par les populations là où ils sont produits en masse. Au Brésil, au Mozambique, en Indonésie... pour les paysans venus de ces 3 pays, sur 3 continents, les accusations sont les mêmes : les agrocarburants contribuent à la crise alimentaire, et violent les droits des paysans. Sans réellement contribuer à régler les émissions de GES, dans la mesure où ils sont souvent produits par des modes d'agriculture industrielle à grande échelle, nuisibles pour l'environnement.

 


Au cours des années 2000, la production mondiale d'agrocarburants a explosé (1). C'est dans les pays du Sud, où elle est plus rentable, et les terres plus disponibles, que les cultures s'étendent. Ainsi au Mozambique, des multinationales s'accaparent les terres, avec le soutien de l'Etat, pour développer des monocultures de Jatropha, une noix utilisée pour produire du diester. Originaire de ce pays, et membre de la Via Campesina, mouvement mondial de petits paysans, Reinaldo dénonce : « Les petits paysans perdent leur terre et deviennent des ouvriers agricoles pour ces grandes entreprises. Des ouvriers aux revenus très faibles, insuffisants pour alimenter leurs communautés. Et le Jatropha ne se mange pas ». Reinaldo poursuit : « Les paysans ne sont plus libres de décider ce qu'ils vont cultiver, et manger. Les gouvernements ne se préoccupent pas de ce problème. Ils sont préoccupés par les rendements et les profits pour les entreprises. Les gouvernements africains sont en train d'encourager le fait que leurs peuples sont soumis aux multinationales. » Reinaldo y voit « un nouveau processus de colonisation, où les travailleurs sont obligés de cultiver pour l'exportation ». Un processus qui contribue à la crise alimentaire.

 

En Indonésie aussi, les zones de monoculture pour agrocarburants s'étendent à grande vitesse. Là aussi, cette expansion se fait avec l'appui du gouvernement qui modifie les lois et règlementations. Quatre millions d'hectares étaient destinés à ces cultures en 2000 ; il y en a 7 millions aujourd'hui, et près de 13 prévus pour 2020. Avec des conséquences tout sauf écologiques : déforestation, brûlis sur les terres, pollution de l'eau et de l'air, menaces sur la biodiversité. Mais aussi des conséquences qui touchent aux droits des populations, rappelle JJ Polong : perte de souveraineté alimentaire, diminution des revenus des paysans... et accrochages parfois violents pour l'utilisation de la terre. Près de 3 000 conflits ont été recensés à ce jour en Indonésie. Le dernier en date : le 4 décembre, la police a tiré sur 17 paysans qui luttaient contre une industrie de canne à sucre à Rengas, dans le sud de Sumatra.

 

Mise en garde de la FAO

 

Au Brésil également, les monocultures destinées aux agrocarburants - notamment la canne à sucre, pour produit de l'éthanol - ne cessent de s'étendre, dans les mêmes conditions. Diana (photo), militante du mouvement des sans-terre, reprend les mots d'une chercheuse brésilienne : « L'alcool et le sucre de la canne  sont baignés de sang, de sueur et de mort. » Elle dénonce la vente de millions d'hectares de terres par l'Etat aux multinationales. Lesquelles embauchent une main d'oeuvre bon marché dans des conditions précaires, « à la limite de l'esclavage » : un travailleur coupe chaque jour entre 10 et 15 tonnes de canne pour 1 euro. Entre 2002 et 2006, plus de 1 300 travailleurs sont morts dans les champs de canne brésiliens à cause de leurs conditions de travail ou des conflits. Et Diana pointe elle aussi du doigt la dégradation de l'environnement qu'engendrent ces cultures intensives, qui polluent l'eau et sont en partie responsables de la déforestation.

 

Les critiques ne viennent pas que les petits paysans. Il y a un an, la FAO (l'organisme des Nations Unies pour l'alimentation) a mis en garde contre les impacts possibles de ces monocultures sur la sécurité alimentaire. Son directeur général, Jacques Diouf, remarquait également que le bilan environnemental de la production d'agrocarburants n'est pas toujours positif : « Les modifications de l’affectation des terres – par exemple, la déforestation pour satisfaire la demande croissante de produits agricoles – sont une grave menace à la qualité des sols, à la biodiversité, et aux émissions de gaz à effet de serre ».

Les agrocarburants peuvent être une solution au niveau local, pour faire marcher des petites machines. C'était d'ailleurs le cas au Mozambique, avant même le début de la production à grande échelle, remarque Reinaldo. « Mais ils deviennent un danger quand de grandes entreprises prétendent qu'ils vont résoudre les problèmes d'énergie à grande échelle ».

Car ce qu'ils produisent, ce sont avant tout « des profits énormes pour les multinationales », estime Diana. Qui soulève une autre dangereuse conséquence : le développement de ces monocultures va de pair avec des tentatives pour développer des modèles transgéniques.

 

 

(1) Selon la FAO, 52 milliards de litres d’éthanol ont été produits en 2007 dans le monde, soit trois fois plus qu’en 2000.


Par Arnaud Bihel - Publié dans : au Klimaforum - Communauté : Ecologie et Environnement
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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 00:47

mnasheed.jpgUne première ce lundi soir au Klimaforum : un chef d'Etat à la tribune. C'est un président militant qui s'est exprimé : Mohamed Nasheed, président des Maldives.

Cet archipel de l'Océan indien est l'un des pays les plus menacés par le réchauffement climatique, devant faire face à l'acidification des océans et à la montée des eaux.

Mohamed Nashhed a appelé les citoyens à poursuivre leurs mouvements de protestation, pour pousser les politiciens à l'action ; et à poursuivre ces mouvements après Copenhague.




Il y a 4 ans, les Maldives étaient une dictature et Mohamed Nasheed était en prison en raison de son combat pour la démocratie. Mais sa lutte a payé : l'an dernier, il a été élu à la tête de son pays. S'appuyant sur ce récit personnel, il a affirmé à la tribune son espoir dans l'issue d'une autre lutte : celle contre le réchauffement climatique. Ce paradis pour touristes aux plages de sable blanc est déjà aux prises avec la hausse du niveau de la mer. Les pêcheurs et les plongeurs  constatent les ravages de l'acidification des océans, sur les coraux et l'ensemble du milieu marin.

Mohamed Rasheed soutient la campagne 350.org, pour que la concentration de carbone dans l'atmosphère retombe à 350 ppm (parties par millions), seul taux réellement efficace pour éviter une hausse dommageable des températures. On en est actuellement à 390, et sans un accord ambitieux sur le climat cette concentration risque de s'élever bien plus haut. Mais le président « refuse d'abandonner l'espoir ».

Symboliquement, il avait tenu en octobre un conseil des ministres sous-marin. Au-delà des symboles, les Maldives se sont engagées, cette année, à devenir un pays neutre en carbone. Et entendent ainsi être un exemple pour « les pays plus grands et plus riches ». Mais Mohamed Rasheed veut aussi que les peuples donnent de la voix pour montrer la voie aux politiciens, car « ils n'agiront que si leurs électeurs agissent d'abord ».

 

Voir la vidéo : 

 

 

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : au Klimaforum - Communauté : Ecologie et Environnement
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