Mardi 15 décembre 2009
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Tandis
qu'il neigeait à gros flocons ce mardi dans les rues de Copenhague, les rapports entre militants et forces de l'ordre sont devenus brûlants. Les voix se font de plus en plus fortes pour dénoncer
des arrestations « arbitraires », plusieurs centaines ces derniers jours. Des interpellations permises par une loi votée le mois dernier au Danemark, permettant les arrestations
préventives.
Et au sein même du Bella Center, où se déroulent les négociations de la COP-15, les représentants des ONG accrédités se plaignent de restrictions d'accès cette semaine.
Lors de la grande marche pour la « justice climatique » samedi, près d'un millier de manifestants, loin d'être tous des casseurs, ont été arrêtées, menottés, forcés à rester assis
plusieurs heures en pleine rue, en plein froid. Le lendemain, plusieurs dizaines de participants à une manifestation de plus faible ampleur, qui avait pour objectif de bloquer le port, ont été
interpellés à leur tour.
Dans la nuit de lundi à mardi, la police s'en est pris au quartier de Christiania – une zone underground autogérée dans Copenhague – et a à nouveau procédé à près de 200 arrestations. Pour les
autorités, des barricades en feu, puis des cocktails molotov lancés sur les forces de l'ordre, ont justifié cette intervention ; les personnes présentes sur place, elles, dénoncent une réaction
disproportionnée et l'utilisation par la police de lacrymogènes dans sous un chapiteau qui abritait une fête.
A chaque fois, la quasi-totalité des personnes interpellés sont relâchées au bout de quelques heures. Il s'agit juste d'innocents, « présents au mauvais endroit au mauvais moment »,
estime la porte-parole d'Amnesty International Danemark. Des associations danoises de défense des droits de l'homme ont appelé le gouvernement à ouvrir une enquête sur ces pratiques policières.
Les manifestants, il est vrai, étaient prévenus. Fin novembre, le parlement danois a voté une loi « anti-manifestations », autorisant justement les arrestations préventives, étendant
les gardes à vue et les poursuites pour des actes de désobéissance civile.
Tensions aussi au Bella Center
Pour les organisations présentes au Klimaforum, les autorités danoises « bafouent les libertés publiques élémentaires ». Mais les militants venus du monde entier à Copenhague l'assurent
: ils ne se « laisseront pas intimider ». Mercredi matin, une nouvelle manifestation est prévue devant le Bella Center, tandis que des membres d'ONG, à l'intérieur du centre de
conférence, feront également entendre leur voix. Car cette semaine, les représentants de la société civile présents au Bella Center sont eux aussi en colère. Des centaines d'entre eux se
voient refuser l'accès aux principales salles de négociations, un deuxième niveau d'accréditation ayant été mis en place.
Et ce mardi après-midi, l'un des animateurs du réseau Climate Justice Action, Tadzio Muller, a été arrêté à sa sortie du centre de conférence ; accusé, semble-t-il, de violences et troubles à
l'ordre public.
Climate Justice Action fait partie des organisateurs de la manifestation de ce mercredi matin. La marche vers le Bella Center était prévue de longe date, pour porter les revendications de la
société civile et des pays du sud. Mais le bras de fer entre police et manifestants risque de prendre le pas sur les enjeux climatiques.