Interview

Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 19:22

prisoners.JPGIl fait partie des dizaines de personnes arrêtées à Copenhague en marge du sommet de la COP-15. Nicolas Haeringer a passé 7 heures en garde à vue avant d'être relâché, sans charge. Cela aura été le cas de la quasi-totalité des militants interpellés, une loi votée quelques jours avant la COP-15 permettant ces arrestations sur simple suspicion. Quelques uns, néanmoins, sont en attente de jugement.

« Voilà à quoi ressemble la démocratie danoise ». Baillonnés, quelques dizaines de militants ont réagi, ce jeudi devant le Parlement de Copenhague, dont les abords sont bouclés. Le réseau Climate Justice Action, particulièrement visé, dénonce ces lois d'exception mais appelées à durer. Et appelle à la libération de ceux qu'elle considère comme des « prisonniers politiques ».

En vidéo, le témoignage et les remarques de Nicolas Haeringer :

 

 

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : Interview - Communauté : Media - Actualité générale
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 13:34

Deuxième entretien avec les Amis de la Terre. Cyrielle Den Hartigh expliquait ici la position de l'association contre les mécanismes de flexibilité et de marché du carbone. L'association insiste aussi pour que les transferts de compétences et le soutien financier aux pays en développement, dans la lutte contre le réchauffement climatique, soient contrôlés par l'ONU, et non par un organisme tel que la Banque mondiale. Une défiance renforcée par la « grande hypocrisie » dont font preuve les institutions financières internationales, qui « financent les changements climatiques » en soutenant les énergies fossiles. Explications avec Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne « Responsabité des acteurs financiers » chez les Amis de la Terre.

 


 

La Banque mondiale et la Banque européenne d'investissement (BEI) sont les deux principales institutions financières publiques internationales. Elles soutiennent des projets à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d'euros par an.

Toutes deux vantent leurs efforts en matière de soutien aux énergies renouvelables. Mais, selon une étude rédigée en septembre dernier par les Amis de la Terre, les chiffres démentent les belles paroles. En 2007, les prêts de la Banque mondiale au secteur des énergies renouvelables ne représentent que 16% de ceux accordés aux énergies fossiles.

De même, « ces 5 dernières années, la BEI a investi 4 fois plus d'argent dans les énergies fossiles que dans le solaire, l'éolien et le bois-biomasse réunis. » Celle-ci, bien que peu connue, prête chaque année plus de deux fois plus que la Banque mondiale. Et ses engagements témoignent d'une « addiction au carbone », selon les Amis de la Terre :

 


Les Amis de la Terre appellent les Etats à agir sur les institutions pour changer cette politique ; et insistent sur le rôle de la France, l'un des principaux acteurs de la Banque Mondiale. La France qui tient une position encore plus importante au sein de la BEI. Dans son rapport, l'association place en exergue cette citation de Nicolas Sarkozy, en 2007 : « On ne peut pas dire à la tribune de l'ONU, il faut un développement propre, et continuer à financer un développement qui ne le serait pas ». Eh bien alors, il faut transformer ces paroles en actes, demande Anne-Sophie Simpere :

 

 

D'autant que de nombreuses institutions, de l'OCDE au Programme des Nations Unies pour l'environnement, appellent également à la fin des financements publics aux énergies fossiles. Appels toujours sans réponses. Pour les Amis de la Terre, il faut que les négociateurs actent cette décision lors de la conférence de Copenhague : la Banque mondiale et la BEI doivent arrêter de financer les énergies fossiles d'ici 2012.

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : Interview - Communauté : Ecologie et Environnement
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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 09:30

Qu'est-ce que les ONG espèrent de la conférence de Copenhague ? Pour les Amis de la Terre, les négociations devront se poursuivre après décembre pour obtenir un accord réellement efficace contre le réchauffement climatique. Le combat de l'association porte en bonne partie sur des aspects des négociations souvent obscurs : le marché du carbone et les mécanismes de flexibilité. Des principes que l'association ne veut pas voir intégrés à un accord. Décryptage avec Cyrielle Den Hartigh, chargée des changements climatiques pour les Amis de la Terre.



Enjeux écologiques et rapport Nord/Sud, économiques et sociétaux : ce sont deux principales thématiques d'action des Amis de la Terre. Membre du Réseau Action Climat, l'association suit donc de près les négociations de Copenhague. Et, à l'image des autres ONG, fixe deux priorités pour un bon accord sur le climat : que les pays riches réduisent de 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 ; qu'ils financent fortement le développement propre des pays du sud, sous le contrôle de l'ONU. Malgré les récents petits pas en avant des dirigeants, on est loin du compte sur ces deux aspects, estime Cyrielle Den Hartigh. Elle l'affirme : ce n'est pas dès Copenhague qu'on pourra obtenir un bon accord. Un deuxième temps de négociations sera nécessaire :



L'attention, à l'approche de Copenhague, se porte surtout sur des chiffres relativement simples : les objectifs de réduction de gaz à effet de serre. Mais c'est oublier un des aspects essentiels au coeur des négociations : les mécanismes de flexibilité et de marché carbone, des mécanismes mis en oeuvre pour compenser les émissions de CO2. Quelle doit être leur place au sein d'un accord ? Les Amis de la Terre refusent que ces techniques de compensation entrent en compte dans les calculs de réductions d'émissions, comme cela risque pourtant d'être le cas.
Premier point : le marché du carbone. Donner un prix à la tonne de CO2, et payer pour ses émissions. Fausse bonne idée, juge Cyrielle Den Hartigh :



Deuxième point : les mécanismes de flexibilité. Il s'agit du financement, par des Etats ou des entreprises (en général, dans les pays du Nord), de projets de réductions d'émission de gaz à effet de serre (en général, dans les pays du Sud) pour compenser leurs propres émissions polluantes. Là encore, chez les Amis de la Terre, les critiques sont nombreuses :



A l'approche de la conférence de Copenhague, les ONG poursuivent leur mobilisation pour faire entendre leur revendications. La dernière avant le rendez-vous danois, ce sera samedi 5 décembre., une journée internationale du climat. Vous trouverez tous les rendez-vous en France sur www.dubruitpourleclimat.org
Par Arnaud Bihel - Publié dans : Interview - Communauté : Ecologie et Environnement
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 14:02

Elle porte la parole de Greenpeace France pour tout ce qui concerne les enjeux et les négociations climatiques. Avec Karine Gavand, je vous propose un tour d'horizon de la situation avant la conférence de Copenhague sur le climat, et des attentes de Greenpeace.

Les enjeux de la COP-15 (Vidéo 1) ; Quel espoir d'un accord ? (Vidéo 2) ; Le rôle des Etats-Unis (Vidéo 3) ; La position de la France (Vidéo 4) ; La mobilisation citoyenne (Vidéo 5).

 



1 - Pour commencer, et pour ceux qui n'ont pas suivi, un rappel en deux minutes des éléments essentiels de la négociation. Les réductions d'émissions de GES, les financements et leurs mécanismes, comme la mise aux enchères des permis de polluer :

 

 

2 - A l'image de nombreuses ONG, Greenpeace craint « un accord au rabais ». Dès lors, Karine Gavand ne rejette pas le principe d'un accord en deux temps : l'adoption à Copenhague d'un cadre juridiquement contraignant, avec un délai d'un an maximum pour fixer tous les détails :

 

 

3 - La volonté politique, Greenpeace ne cesse de le souligner, manque surtout cruellement du côté des Etats-Unis. Pour Karine Gavand, Barack Obama doit devancer son Congrès, et honorer le prix Nobel qu'il a reçu :

 

 

4 - Et la France dans tout ça ? Jean-Louis Borloo vient de dévoiler son propre projet d'accord. « Mais l'initiative française est encore loin d'être prise en compte dans les discussions », note Le Monde. Et dans l'ensemble, les actes ne sont pas à la hauteurs des actes, estime Karine Gavand :

 

 

5 - Les citoyens, enfin, sont-ils suffisamment conscients des enjeux ? L'Ultimatum Climatique, alliance française d'ONG dont fait partie Greenpeace, a lancé voilà plusieurs semaines une pétition en ligne. Objectif : 1 million de signatures avant le 17 décembre. Pour l'heure, avec 330 000 signatures, la mobilisation est bien moindre qu'attendue. Karine Gavand veut croire que la pression s'accentuera dans le temps qui nous sépare de Copenhague :

 

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : Interview - Communauté : Ecologie et Environnement
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Mercredi 18 novembre 2009 3 18 /11 /2009 15:40

A un mois tout juste de la clôture de la conférence de la COP-15, les responsables climat de 8 partis et mouvements de gauche étaient réunis ce mercredi à Paris. Une table ronde à l'initiative du collectif Urgence Climatique – Justice Sociale, qui leur avait posé 6 questions sur leurs positions et propositions sur la conférence de Copenhague. Bref compte-rendu, et interview vidéo de l'élu Vert Denis Baupin.

 


 

Pour un peu, on aurait cru à une union de la gauche.  A la même table : PS, Verts, PCF, PG, NPA, Alternatifs, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, et Objecteurs de Croissance. Et toutes les tendances, c'est heureux, s'accordent sur le principal : il faut à Copenhague des objectifs chiffrés et ambitieux de réduction des GES, et des financements Nord/Sud, à hauteur de plus de 100 milliards d'euros.

Partant d'un constat partagé  - les principes du capitalisme font que les Etats cherchent d'abord leurs propres intérêts - personne ne croit vraiment à un bon accord à l'issue de la COP-15. Tous espèrent malgré tout des avancées conséquentes. « Il n'y a pas de fatalité », juge Denis Baupin, pour qui les blocages peuvent tomber, comme le mur de Berlin :

 

 

Les divergence portent surtout, entre extrême gauche et gauche "traditionnelle", sur les mécanismes à mettre en oeuvre pour respecter les engagements. Le principe de la taxe carbone, par exemple, divise. Même si tous rejettent la manière dont elle a été mise en oeuvre en France, le principe a ses défenseurs, notamment chez les Verts, tandis que l'Internationale socialiste réfléchit à une taxe carbone universelle.

A l'échelle mondiale justement, la financiarisation du carbone fait débat. Pour le NPA, le marché du carbone est « un système vicié à la base ». En toile de fond, on retrouve l'acceptation ou non du système capitaliste.

Les mécanisme de compensation carbone, - de la plantation de forêts pour compenser des émissions de CO2, à des échanges de droits d'émissions entre pays – qui sont déjà possibles dans le cadre du protocole de Kyoto, sont eux aussi diversement appréciés.

Pour les uns, ils ne doivent pas être pris en compte dans les objectifs de réduction des GES ; pour d'autres ils sont acceptables, mais ne doivent rester marginaux. C'est l'avis de Denis Baupin :

 

 

Un point sur lequel on trouve à nouveau l'unanimité, c'est le mode de contrôle des transferts financiers du Nord vers le Sud. Pour les partis de gauche, pas questions que cela soit du ressort de la Banque mondiale ou du FMI. C'est sous l'égide de l'ONU que les fonds doivent être contrôlés.

 

Unanimité enfin sur la reconnaissance d'une « dette écologique » des pays riches. Parce qu'ils sont les plus gros pollueurs, depuis des décennies, et parce qu'ils ont créé leur richesse en bonne partie sur le dos des plus pauvres. Et cette dette prend bien des aspects, note Denis Baupin. L'élu Vert déplore ainsi l'actuel repli sur soi de l'Europe et de la France en matière d'immigration, alors qu'il faudra bien assumer l'accueil de réfugiés climatiques :

 

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : Interview - Communauté : Ecologie et Environnement
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