En vrac

Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 21:25

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Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle est tourmentée, cette COP-15. Alors qu'une nouvelle manifestation pour la "Justice Climatique" a été repoussée sans ménagement par la police des abords du Bella Center, les négociations à l'intérieur du centre de conférence semblent dans une impasse, à deux jours de la clôture de ce qui devait être un rendez-vous crucial.



 

Les chefs d'Etat ont commencé à arriver à Copenhague pour la dernière phase des négociations sur le climat. Vendredi ils s'engageront, peut-être, sur un nouveau traité contraignant pour poursuivre le protocole de Kyoyo.

Mais depuis 10 jours, aucune avancée significative n'est sortie du Bella Center. Ian Fry, délégué de l'archipel des Tuvalu, dit avoir « la terrible impression que nous sommes sur le Titanic, et que nous coulons rapidement. »

On ne peut pas aller plus loin dans le pessimisme, mais rien, il est vrai, n'incite à espérer une issue positive vendredi. Les objectifs d'émissions de GES, le calendrier, le soutien des pays industrialisés aux pays en développement, les questions des mécanismes de compensation... sur tous ces points, les désaccords persistent. Les pays pauvres accusent les riches de refuser les efforts nécessaires.

 

Dehors, la journée a à nouveau été très tendue également. La police a utilisé du gaz poivre et des matraques pour empêcher les manifestants – déterminés mais pacifiques - de se rapprocher du Bella Center.

 

 

Quelques milliers de manifestants qui entendaient bousculer les négociations officielle et y tenir une « assemblée du peuple » pour la « justice climatique ». Plus de 200 personnes ont été interpellées. Réactions disproportionnées, arrestations arbitraires. Rien de nouveau non plus de ce côté.

 

Pour ajouter à la confusion, des représentants d'ONG se plaignent des réductions drastiques des accréditations au Bella Center. Des dizaines de délégués qui pouvaient assister aux négociations la semaine dernière sont tenus à l'écart pour ces derniers jours.

Pour le réseau Action Climatique – Justice Sociale, « l’ONU et les autorités danoises remettent en cause le caractère démocratique et transparent affiché de la COP-15 et la possibilité pour toutes les voix dissidentes de se faire entendre ». Le gouvernement danois a tenté de calmer le jeu, ce mercredi, en ouvrant à partir de demain un centre de conférence alternatif avec des retransmissions vidéos des négociations officielles pour les délégués évincés. Mais, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur du Bella Center, la COP-15, ces derniers jours, a perdu beaucoup de crédibilité.

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : En vrac - Communauté : Media - Actualité générale
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 16:15

matraque.jpgAvant un compte-rendu plus complet, une vidéo de la démonstration de force policière lors de la manifestation devant le Bella Center. Plusieurs centaines de manifestants se sont approchés pacifiquement du centre de conférence, ce mercredi midi, avant d'être parfois violemment repoussés par la police.

Les manifestants entendaient investir pacifiquement le Bella Center pour en faire une "assemblée du peuple". Mais n'ont pu s'approcher des grilles du centre, protégé par un important dispositif de police.

Petit à petit, les forces de l'ordre ont repoussé les manifestants dans un espace de plus en plus restreint, sur la large route bordant le Bella Center, prenant le contrôle du camion de l'organisation.

Ils n'ont pas hésité à faire usage de leurs matraques et de gaz poivre.

Tandis que les manifestants étaient encerclés à l'extérieur, d'autres étaient bloqués à l'intérieur. Plusieurs dizaines de représentants d'ONG qui entendaient quitter le Bella Center pour rejoindre la manifestation n'ont pas été autorisés à sortir.

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : En vrac - Communauté : Media - Actualité générale
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /2009 19:14

En vedette pour l'ouverture du Klimaforum, Naomi Klein.

La journaliste canadienne, auteure en 2007 de "The shock doctrine - La montée du capitalisme du désastre", n'a pas mâché ses mots, devant le "contre-sommet" de Copenhague, contre la responsabilité du capitalisme dans la crise climatique que nous connaissons.

Et, si elle ne croit pas à la conclusion d'un accord efficace, elle appelle les citoyens à jouer le rôle de "détecteur de mensonges".

 


 

Invitée à ouvrir le Klimaforum, Naomi Klein a voulu se montrer réaliste : « D'un côté, c'est formidable que le monde entier parle du changement climatique, qu'au plus hauts niveaux du pouvoir il semble il y avoir consensus sur ce problème (…) Mais il y une étrange dissonance, parce que (…) nous savons que ce qui est proposé au Bella Center [le centre des congrès où se tient la COP615] ne permettra pas de faire face à la crise climatique. Ce n'est pas sur la table. Il faut être réaliste. »

Nous savons, assène-t-elle, que les promesses de réduction d'émissions des pays riches sont bien en deçà de ce qui est nécessaire, nous savons que les niveaux d'aides financières aux pays pauvres sont « insultants ». Parce qu'« il ne s'agit pas de charité, il s'agit d'une crise que nous avons créée, avec notre consommation ».

 

Détecteurs de mensonge

 

Le cheval de bataille de Naomi Klein, c'est la « dette climatique » qui incombe aux pays riches. Elle aime à répéter ces chiffres : les nations industrialisées « sont responsables de 75% des émissions de gaz à effet de serre. Les pays pauvres subissent 75% des conséquences climatiques. » Pour payer cette dette, les plus riches n'ont donc pas à mesurer leurs efforts à Copenhague, tant pour réduire leurs émissions que pour financer l'adaptation des pays en développement.

C'est seulement si des avancées considérables sont faites que la COP-15 sera un succès. Et les milliers de participants à ce «contre-sommet » du Klimaforum doivent être « des détecteurs de mensonges », assure Naomi Klein. Il y aura un accord, certes, « mais nous devrons faire la différence entre un accord et un succès. »

 

La mobilisation des citoyens, pour Naomi Klein, est le signe de la force, et des mutations du mouvement altermondialiste, médiatiquement né il y a 10 ans dans les rues de Seattle, contre l'Organisation Mondiale du Commerce. De Seattle à Copenhague, le rôle des militants a changé : à l'époque, nous disions « Non », estime Naomi Klein. Aujourd'hui nous disons « Oui », et notre rôle est de dénoncer ceux qui ne veulent pas changer.

Et de dénoncer le principe du marché du carbone, les mécanismes financiers « envisagés en ce moment au Bella Center comme solutions à la crise climatique ». Alors qu'il y a seulement un an « les mêmes mécanismes ont fait fondre le système financier global ».

 

Ce système capitaliste responsable de ces crises, financières et climatique, est de nouveau sous le feu des critiques depuis un an, se réjouit Naomi Klein. Et celle qui s'était fait connaître avec "No Logo",  livre dénonçant l'empire des marques, s'en est également pris dans son discours à l'opération Hopenhagen (jeu de mots sur "hope", "espoir" en anglais) - une campagne publicitaire qu'on peut voir même en France. Le globe lumineux, symbole de l'opération au centre de la capitale danoise, "arbore à son pied le logo Siemens, et l'événement est sponsorisé par Coca-Cola. C'est la capitalisation de l'espoir, mais c'est au Klimaforum que le réel espoir se trouve", a conclu Naomi Klein.

 

 

 

 

 

 

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : En vrac - Communauté : Ecologie et Environnement
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Jeudi 3 décembre 2009 4 03 /12 /2009 10:31

Pour ce qui est du coup médiatique, c'est réussi. L'intervention de Greenpeace en pleine séance à l'Assemblée nationale, ce mercredi, a eu des répercussions jamais vues jusque là. La classe politique, en majorité, crie son indignation. Mais a surtout montré, sur le coup, qu'elle était loin de la sérénité dans le grand débat sur la lutte contre le réchauffement climatique.

 



Une intervention en deux temps. Des militants ont d'abord tenté, hier midi, de déployer une banderole sur le toit de l'Assemblée, avec ce message : « Copenhague : aux actes, monsieur le Président ! » Puis l'après-midi dans l’hémicycle, une dizaine de membres de Greenpeace ont interrompu la session parlementaire – consacrée à un débat sur Copenhague - pour afficher le même message.

Quatre minutes de suspension qui ont suscité des commentaires à n'en plus finir. La majorité y voit un « outrage à la représentation nationale ». Le mot qui revient le plus, chez les élus de droite : « Voyous ». Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a annoncé avoir porté plainte. (1)

 

Mais pour l'ONG, habituée aux coups d'éclats, il était essentiel de saisir ce débat à l'Assemblée pour se faire entendre. « En alertant nos responsables politiques, nous sommes à notre place et dans notre rôle », se défend Greenpeace. Qui a ainsi pu rappeler ses revendications : les pays industrialisés doivent prendre à Copenhague l'engagement de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici à 2020. Et devront débourser 110 milliards d’euros par an pour aider les pays en développement à faire face aux changements climatiques (la part de la France s'élevant à un peu plus de quatre milliards par an).

 

Et au final, ce happening a montré que les députés étaient bien loin de l'union sacrée sur la question du climat. Si l'intervention de Greenpeace n'a duré que quelques minutes, tout le débat qui a suivi est resté extrêmement tendu ; malgré quelques belles paroles d'union, comme celle de Stéphane Demilly, du Nouveau Centre, citant Martin Luther King : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous périrons ensemble comme des imbéciles. » Quelques minutes après ces mots, les élus UMP quittaient l'hémicycle pour protester contre la prise de parole du député Verts Yves Cochet, qu'il accusent d'avoir, avec Noël Mamère, aidé les activistes de Greenpeace. Ce dernier accuse en retour la majorité d'instrumentaliser l'affaire, pour opposer « dangereux gauchistes » et « écologie de droite ».

 

Ce qui apparaît en filigrane, ce sont aussi les tensions autour d'un mot, d'une idée qui fait peur à beaucoup : la décroissance. C'est l'un des chevaux de bataille d'Yves Cochet, et un thème dont s'est aussi emparé le chef de l'Etat il y a quelques jours – pour s'y opposer, lui, avec toute la mauvaise foi nécessaire. Sur le thème du « regardez-moi ces talibans écolos qui veulent nous empêcher de consommer et qui vont ainsi détruire l'emploi ».

Quelle croissance, ou quelle décroissance ? La question a de beaux jours devant elle, autant dans le cadre de Copenhague que dans la campagne des régionales.

 

 

(1) La journée parlementaire a, plus tard encore, été perturbée par une alerte à la bombe. Greenpeace assure qu'elle n'a rien à voir avec cet incident. Ajoutant : « Toutes nos actions sont pacifiques. Celles d’aujourd’hui l’étaient aussi. »


Par Arnaud Bihel - Publié dans : En vrac - Communauté : Ecologie et Environnement
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 20:18

La viande que nous mangeons est, dans une quantité non négligeable, responsable du réchauffement climatique. Réduire sa consommation est, de plus, bon pour la santé. Une équipe de chercheurs le rappelle aujourd'hui, dans un e étude publiée par la revue médicale The Lancet, qui consacre tout un dossier au climat.

Les quatre cinquièmes des gaz à effet de serre (GES) émis par l'agriculture proviennent de l'élevage alimentaire. L'étude assure que les objectifs de réduction d'émissions de ces gaz responsables du réchauffement ne pourront être atteints qu'en réduisant en même temps cette part de l'élevage. Ainsi, en Grand-Bretagne, les chercheurs estiment que baisser de 50% les émissions d'ici à 2050 implique de diminuer de 30% la production de viande.

 


 

Car l'élevage animal pèse lourd dans les émissions de GES. En novembre 2006, la FAO (l'organisation de l'ONU pour

l'alimentation et l'agriculture) concluait dans son rapport Livestock's Long Shadow (L'ombre portée de l'élevage) que les cheptels destinés à l'alimentation produisent 18% des gaz à effet de serre.

 

L'élevage est ainsi davantage responsable du réchauffement climatique que les transports. Et la tendance s'accentue : la production de viande et de produits laitiers dans le monde devrait doubler d'ici 2050, estime la FAO. Dans le Lancet, les chercheurs voient même la production d'élevage grossir de 85% d'ici 2030.

Sans compter qu'il produits d'autres dégâts : dégradation des sols, pollution et raréfaction de l'eau, impacts sur la biodiversité, transmissions d'épidémies... sans oublier les questions éthiques de l'élevage industriel en pleine expansion (il représente 80% de la croissance du secteur).

 

Si produire moins est nécessaire, manger moins de viande est également meilleur pour la santé, indiquent les chercheurs. Car si elle est « source de nutriments essentiels, elle produit de grandes quantités d'acides gras saturés », facteurs de maladies cardiovasculaires.

Et ils ont calculé qu'une réduction de 30% de la consommation de ces viandes d'élevages en Grande Bretagne réduirait de 17% les décès prématurés dus à  ces maladies cardiovasculaires.

 

Conclusion de l'étude : pour la santé et pour le climat, les politiques doivent encourager une moindre consommation de viande, dans les pays riches où elle est importante. La Suède, d'ailleurs, a édité cette année un guide recommandant aux citoyens de manger de la viande moins souvent, et en moindre quantité. Ils insistent aussi sur la nécessité d'une distribution plus équitable des ces produits. Les auteurs reconnaissent toutefois qu'une « telle stratégie risque de rencontrer des résistances culturelles, politiques et commerciales. » Alors qu'un tenant de l'agriculture productiviste à l'européenne, le français Luc Guyau, vient d'être élu à la tête du Conseil de la FAO, on peut effectivement parier que c'est loin d'être gagné...

Par Arnaud Bihel - Publié dans : En vrac - Communauté : Ecologie et Environnement
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