On l'a assez répété : le GIEC appelle les pays industrialisés à réduire de 25 à 40% leurs émissions de GES d'ici 2020. Et de
90% pour 2050. Les engagements actuels des dirigeants sont loin de ces objectifs idéaux. Et pourtant ces objectifs sont atteignables en Europe, et à un coût raisonnable, selon une étude du Stockholm Environment Institute
commandée par Les Amis de la Terre Europe.
Atteignables, raisonnables... mais acceptables, c'est une autre histoire. Les auteurs de l'étude le reconnaissent : il faudra oser des engagements politiques sans précédent et une mobilisation des efforts « telle qu'on en voit normalement qu'en temps de guerre. »
L'étude de l'institut suédois l'assure : l'Union européenne est capable, financièrement et techniquement, en suivant des schémas raisonnables, d'émettre 90% de GES en moins en 2050 par rapport au niveau de 1990. A condition toutefois de consommer l'énergie de bien meilleure façon : en améliorant radicalement l'efficacité énergétique, en délaissant rapidement les énergies fossiles pour se tourner massivement vers les renouvelables, et en changeant de mode de vie.
Un exemple : dans les transports, qui sont responsables du tiers des émissions de GES dans l'Union. Selon l'étude, les 3/4 des voyages au sein de l'Europe se faisaient en voiture en 2005. Ce taux doit tomber à 43% en 2050. De même, à cette date, le train devra prendre la place de l'avion pour 80% des déplacements de moins de 1000 kms.
Pour faire évoluer ainsi les modes de vie, ce sont des politiques fortes qui devront être mises en place. Des investissements dans les secteurs de l'énergie, du bâtiments, des infrastructures de transport...
Mais outre ces 40% de réduction en interne, l'Europe devra aussi participer au développement propre des pays pauvres.
L'étude chiffre ces « obligations financières internationales » : entre 150 et 450 milliards de dollars en 2020. Cela équivaudrait, pour un français, à moins de 1 à 3 euros par personne et par jour.
Quant au coût des réductions des réductions d'émissions au sein de l'Union, il devrait être équivalent, autour des 2% du PIB européen.
Ces engagements financiers sont importants, reconnaît l'étude, mais « pas prohibitifs ». Et, l'évidence est ici répétée : ils seront bien moindres que le coût de l'inaction et la facture attendue des changements climatiques.
Les auteurs du rapport concèdent qu'à l'heure actuelle, au regard des politiques menées et des signaux envoyés par l'Europe, de tels engagements apparaissent « politiquement irréalistes ».
Ils ajoutent même : « Cela nécessitera un engagement politique important et courageux et une forte
mobilisation des efforts, tels qu'on en voit normalement qu'en temps de guerre ». Cette dernière expression, très forte, avait aussi été utilisée en mars dernier par John Ashton, le
représentant spécial du Royaume-Uni sur le changement climatique.
Alors, à moins d'une semaine de Copenhague, les scientifiques appellent une fois encore les dirigeants à oser. « La leçon de tout cela est que, si l'UE veut honorer son engagement de transmettre une planète saine aux générations futures, et maintenir le réchauffement sous les 2°C, cela ne se pourra qu'en adaptant le "politiquement réaliste" à la réalité de la crise climatique ».
Chiche, on y croit encore ?
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C'est
Plus on agira vite pour le climat, moins
cela coûtera cher.