Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /2009 13:30

La Maison Blanche a donc annoncé la venue de Barack Obama à Copenhague lors de la COP-15. Washington a dans le même temps fait sien l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre  approuvé par la Chambre des représentants (mais la loi n'a pas encore passé le cap du Sénat) : moins 17% pour 2020. Mais derrière ces deux annonces encourageantes se cache une double déception.




D'abord sur la date. Le président américain se rendra à Copenhague le 9 décembre (il ira chercher le lendemain à Oslo son prix Nobel de la paix). Le 9, c'est à dire au début de la COP-15, et non pour sa clôture. Or, c'est à l'issue de la Conférence, les 17 et 18, que les chefs d'Etat se retrouveront dans la capitale danoise pour sceller l'accord final. Une soixantaine à ce jour on annoncé leur venue. Pour le Réseau Action Climat (RAC, qui regroupe en France plusieurs ONG), ce comportement de Barack Obama est « opportuniste et démagogique ».

Deuxième déception, sur l'objectif. La Maison Blanche se fixe donc 17% de réduction des émissions de GES en 2020. Mais « le diable se cache dans les détails », juge le RAC. Car (on le disait déjà ici) il s'agit d'un objectif de réduction comparé à l'année 2005, et non à 1990 qui est l'année de référence du protocole de Kyoto. Au cours de ces 15 ans, les émissions de GES aux Etats-Unis ont fortement augmenté. Ainsi, estime le réseau d'ONG, « l'objectif de réduction proposé par les Etats-Unis à l'horizon 2020 n'est que de 4 à 5%, par rapport à 1990. » Et donc loin, très loin, des attentes.

Mais apparemment, sur la scène internationale, Barack Obama a réussi son coup. Le secrétaire général de l'ONU se félicite de sa venue à Copenhague. Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie considère que les engagements américains sont « très positifs ». « Courageux », estime Nicolas Sarkozy.

Le président français, toutefois, s'est permis hier de critiquer la forme : la date de présence de son homologue américain à Copenhague. Ne pas venir en même temps que les autres chefs d'Etat est selon lui « discourtois ». Une pique à son grand rival pour le titre de maître du monde,qui cache surtout une autre déception : au sommet de l'Amazonie où il s'exprimait, Nicolas Sarkozy était quasiment seul au côté du président brésilien Lula. Les autres chefs d'Etat sud-américains n'avaient pas fait le déplacement à ce rendez-vous censé marquer l'engagement du continent contre la déforestation et le réchauffement climatique.

Par Arnaud Bihel - Publié dans : Négociations - Communauté : Ecologie et Environnement
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