Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 17:23

Un petit pas en avant attendu à Washington.

Un autre espéré en Europe...

Barack Obama devrait annoncer « dans les prochains jours » des objectif chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre. C'est ce qu'a assuré un haut fonctionnaire de la Maison Blanche, membre de l'équipe des négociateurs. En Europe, c'est le Commissaire à l'environnement qui appelle les 27 à présenter des objectifs plus ambitieux.

 


 

Côté américain, il faut toutefois s'attendre à un engagement relatif, une fourchette et non un nombre précis, puisque, selon la même source anonyme, la Maison Blanche doit prendre en compte l'actuel enlisement législatif.

Car Barack Obama est coincé par son Congrès. Il ne voulait pas mettre de chiffre sur la table avant le vote de la loi sur le climat et l'énergie. La Chambre des représentants a voté un texte prévoyant 17% de réduction des émissions de GES d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 2005. Et la version initiale du texte présenté au Sénat prévoit 20% de réduction. Mais cet objectif risque de s'affaiblir avant le vote du Sénat qui s'annonce très indécis, sur fond de scepticisme combatif. Et ce vote, de toute façon, n'interviendra que dans quelques mois puisque les sénateurs sont penchés en ce moment sur un autre texte polémique, celui de la sécurité sociale.

 

Harcelée par les ONG, les pays en développement et l'Europe, pour qu'il annonce avant Copenhague des engagements chiffrés, Barack Obama devrait donc céder. Il dira dans le même temps s'il se rendra à Copenhague pour la fin des négociations.

Mais les propositions américaines seront forcément décevantes. D'une part parce que, contrairement à l'année de référence communément admise, les Etats-Unis s'engagent par rapport aux niveaux d'émissions de 2005 - niveaux plus élevés qu'en 1990, année de référence pour l'ONU. Et d'autre part parce que l'engagement ne pourra dépasser les 20% de réduction. Bien loin des efforts réclamés par les pays pauvres et les ONG, qui appellent à baisser les émissions de 30 à 40% pour maintenir le réchauffement climatique sous les 2°C.

 

Et l'Europe, peut-elle se rapprocher de cet objectif ? Hier le Commissaire européen à l'environnement a plaidé en ce sens. Les 27, jusque là, se sont engagés sur le chiffre de 20%, promettant de le porter à 30% en cas d'accord international. Pour Stavros Dimas, l'Europe doit s'engager sur ces 30% sans condition. Ainsi, « la pression morale serait plus forte » sur les autres pays. Andreas Carlgren, ministre suédois de l'environnement (dont le pays assure la présidence de l'Union) a confirmé que les 27 étaient « très proches » de cet engagement, mais pas encore prêt à franchir le pas. Il reste deux semaines...

 

 

N.B :

Du mouvement également en Australie – l'un des plus gros émetteurs de CO2 par habitant. Une loi sur le carbone, dont une première version avait été rejetée en août, devrait être adoptée cette semaine. L'opposition s'est engagée aujourd'hui à la soutenir, au bout de 5 semaines de négociations. L'Australie table sur une réduction des émissions de 25% par rapport aux niveaux de l'an 2000.

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : Négociations - Communauté : Ecologie et Environnement
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