Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 14:59

Les enjeux géopolitiques ont déjà pris toute leur place dans les négociations. Premières heures de la COP-15 au Bella Center, premiers moments de tensions entre pays riches et pays en développement.

Deux grands blocs bien visibles, au regard même du protocole de Kyoto :

D'un côté les pays développés, industrialisés ; de l'autre le « G77 + Chine », un groupe comprenant 132 pays en développement. Juridiquement, le protocole de Kyoto fixe des objectifs chiffrés et contraignants aux premiers, mais pas aux seconds.

 

Or, un projet d'accord révélé par le Guardian, présenté comme « le texte danois », prévoit de fixer également des objectifs contraignants aux pays en développement. Tout en faisant une distinction entre pays en développement et « moins développés ». Le document a soulevé l'indignation du G77, qui n'en avait pas connaissance.

Le pays hôte assure qu'il ne s'agit que d'un brouillon, un projet informel. Mais pour les observateurs, l'idée est là : c'est ainsi que les pays riches envisagent un bon accord.

 

Le texte de 13 pages, est avant tout incomplet. Quasiment tous les chiffres restent à fixer, et il ne fait rien avancer sur les financements. Et, en appliquant des règles semblables pour tous, il décline la « responsabilité climatique » des pays industrialisés. Un projet d'accord peut-être, mais pas de succès (cf Naomi Klein).

Et c'est sur le fond, et finalement encore sur cette question de la « dette climatique », que portent les critiques du G77. Car le "texte danois" s'écarte des principes du protocole de Kyoto et de la Convention cadre des Nations Unies. La convention -en vigueur jusqu'en 2012- part du principe des responsabilités différenciées en pays riches et pauvres. Pour Ibrahim Mirghani Ibrahim, le responsable de la délégation soudanaise, qui préside le G77, un texte comme la proposition danoise « révoquera le principe de responsabilités communes mais différenciées et de responsabilité historique » des pays riches dans le réchauffement climatique.

 

On sent là la ligne de faille. Pour l'instant, pas de rupture, le G77 n'a pas menacé de quitter les négociations. D'autres coups d'éclats sont à attendre, de tous côtés. Les ONG semblent remontées, pourtant Antonio Hill, conseiller d'Oxfam sur le climat, joue la tempérance : « La proposition danoise ne doit pas nous éloigner de la tâche à accomplir. Les six prochains jours doivent porter sur les textes issus du processus de négociation. L’ensemble des pays doivent concentrer leurs efforts sur le processus officiel qui reste le meilleur moyen d’obtenir un accord juste, ambitieux et légalement contraignant. »

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : Négociations - Communauté : Ecologie et Environnement
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