Mardi 17 novembre 2009 2 17 /11 /2009 15:22

Un pas en arrière, un pas en avant.

Dimanche à Singapour les pays du Pacifique – dont les Etats-Unis et la Chine – disaient leur choix de privilégier une stratégie en deux temps pour un traité sur le climat. L'idée, d'ailleurs lancée par le Danemark, est de se concentrer à Copenhague sur un accord politique, qui sera suivi d'un nouveau délai de négociations, pour adopter ultérieurement (dans 6 mois ? un an ?) un accord contraignant.

Pour de nombreux observateurs, c'était une douche froide. Scientifiques, ONG, politiques, ont aussitôt exprimé leurs craintes de voir les négociations s'enliser. Jo Leinen, qui présidera la délégation du parlement européen à la COP-15, estimait ainsi que « les Etats-Unis et la Chine déçoivent le monde ». Et craignait de voir apparaître parmi d'autres pays à taux élevé de CO2 des « imitateurs » et des « copieurs » des deux géants.

Mais d'un coup, revoilà de l'espoir. Ce mardi à Pékin, le président des Etats-Unis a assuré que, comme son homologue chinois, il ne voulait pas d'un « accord partiel ou déclaration politique, mais plutôt un accord qui couvre l'ensemble des négociations », et avec un « effet opérationnel immédiat ». Dans un communiqué conjoint, Barack Obama et Hu Jintao estiment que le texte conclu à Copenhague devra inclure des objectifs de réductions d'émissions de GES pour les pays riches et une déclaration de plans d'action en faveur des pays en développement.

Et dans la foulée, c'est l'optimisme qui a prévalu ce mardi en Europe, au terme de deux jours de réunion à huis-clos dans la capitale danoise entre les négociateurs d'une quarantaine de pays, pour un ultime rendez-vous de préparation de la COP-15. La ministre danoise du climat Connie Hedegaard, qui organisait la rencontre, fait état d'un « état d'esprit encourageant ». Ajoutant : « J'ai entendu dire de chacun autour de la table  que Copenhague doit être un succès.  Mais un demi-accord n'est pas un accord. » La COP-15, assure-t-elle, doit déboucher sur des engagements précis, en terme d'émissions de GES, de financements à court et long terme, de transferts de technologies. En fait, c'est sur la forme légale du traité - la façon de rendre ces engageements effectivement contraignants - que les négociations devront se poursuivre.

Conclusion, optimiste là encore, de Kim Carstensen, de WWF : « Les rapports de ces derniers jours, selon lesquels Copenhague était mort comme un dodo, étaient largement exagérés ».

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : Négociations - Communauté : Ecologie et Environnement
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