Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 22:03

C'est un rapport de l'Agence européenne de l'environnement qui l'assure : les 15 pays que comptait l'Union à la signature du protocole de Kyoto sont en passe de tenir, et même de dépasser, leurs objectifs. Les 15 s'étaient alors engagés à ce qu'en 2012 leurs émissions de GES soient de 8% inférieures à celles de 1990. En 2007, ils en étaient à 5% de réduction. Au rythme actuel, l'engagement sera tenu. Et avec des efforts, ainsi qu'en utilisant les mécanismes d'échanges et de marché du carbone, la réduction pourrait même atteindre 13% selon le rapport.

A 27, l'Europe fait encore mieux, puisque l'Union dans son ensemble a vu ses émissions baisser de 12,5%. En 2008, pour la quatrième année consécutive, les émissions de GES européennes ont décru.

 

Le rapport, toutefois, s'inquiète de deux éléments : les émissions dues aux transports continuent d'augmenter. Et celles des hydrofluorocarbones ont plus que doublé entre 1990 et 2007. Ces gaz à effet de serre sont utilisés pour la climatisation.

 

A noter que chacun des 15 pays européens s'est également engagé individuellement au titre du protocole de Kyoto. Dans ce cadre, seule l'Autriche est un mauvais élève et risque de ne pas respecter ses engagements. D'autres sont en retard, mais en bonne voie. Cinq pays (la France, l'Allemagne, la Grèce, la Suède et le Royaume Uni) ont déjà fait mieux que leurs objectifs. La France, qui est censée se contenter de stabiliser ses émissions, les a fait baisser de 9,4%.

 

"Rôle moteur"

 

Pour mémoire, les autres pays industrialisés sont complètement hors des clous de Kyoto. Les émissions du Japon, de la Nouvelle-Zélande ou du Canada, qui ont pourtant ratifié le protocole, sont en forte hausse. Les deux plus gros pollueurs de la planète, la Chine et les Etats-Unis, ne sont pas engagés dans le protocole. Ils représentent à eux deux 40% des émissions mondiales de GES, contre 12% pour l'Europe. La directrice de l'Agence européenne de l'environnement, Jaqueline McGlade, estime que les résultats du rapport « doivent encourager tous les Etats à accepter de plus larges réductions d'émissions pour sceller un accord global à Copenhague. »

 

Voilà donc un étendard de plus pour l'Union européenne, qui compte jouer à Copenhague un rôle de champion climatique.

Stavros Dimas, Commissaire européen chargé de l'environnement, se félicite : «Ces projections viennent confirmer le rôle moteur que joue l'Union européenne dans le respect des engagements internationaux en matière de lutte contre le changement climatique. »

Il assure que l'Union pourra atteindre d'ici à 2020 une diminution d'au moins 20 % par rapport aux niveaux de 1990.

Le rapport est un poil plus mesuré : il estime que l'Europe « fait de bons progrès sur la voie de cet objectif ». Un objectif qui est celui que les 27 s'engagent à tenir et avancent dans les discussions de Copenhague. Cela ne serait toutefois pas suffisant pour contenir la hausse des températures à 2°C. L'Union propose de le porter à 30%, mais à condition qu'un accord ambitieux soit signé à l'échelle mondiale.

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : D'un continent l'autre - Communauté : Ecologie et Environnement
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