C'est une affaire de peuples. Loin des tractations en costume de la COP-15, le Klimaforum est une fourmilière
où échangent des représentants du monde entier. Plus qu'un forum alternatif sur le climat, ce sont les questions de justice sociale qui ressortent, et la mise en cause d'un système qui fait
passer le profit avant la terre et les droits des peuples. Un renouveau altermondialiste, en somme. Le Klimaforum vient d'adopter une "déclaration des peuples", soutenue par 70 organisations et participants de
192 pays. Et insiste sur la nécessité d'un regard global sur le système : « la crise actuelle comprend des aspects économiques, sociaux, environnementaux, géopolitiques et idéologiques qui
se répondent et se renforcent les uns les autres, tout autant que la crise climatique. »
Le texte, qui sera présenté la semaine prochaine aux négociateurs de la COP-15, s'appuie sur les demandes suivantes :
- L'abandon complet des énergies fossiles d'ici 30 ans.
- Une réduction des gaz à effet de serre des pays industrialisés d'au moins 40% en 2020 par rapports aux niveaux de 1990.
- La reconnaissance et le paiement de la dette climatique par les pays riches.
- Le rejet des fausses solutions centrées sur le marché et la technologie, telles que l'énergie nucléaire, les agro-carburants, la capture et le stockage de carbone.
On est loin, on le voit, des tractations en cours au Bella Center. C'est pourtant “sur ce texte que devraient travailler” les négociateurs de la COP-15, a rappelé la militante indienne Vandala Shiva, l'une des premières signataires du texte.
Au Bella Center, justement, le fossé semble se creuser entre pays riches et pays pauvres. La nuit dernière, le représentant du G77, Lumumba Stanislaus Di-Aiping, a quitté
une réunion en affichant sa colère : “la conférence va sans doute faire naufrage à cause des mauvaises intentions de certaines personnes”, a-t-il
menacé.