A un mois tout juste de la clôture de
la conférence de la COP-15, les responsables climat de 8 partis et mouvements de gauche étaient réunis ce mercredi à Paris. Une table ronde à l'initiative du collectif Urgence Climatique – Justice Sociale, qui leur avait posé 6 questions sur leurs positions et propositions sur la conférence de Copenhague. Bref
compte-rendu, et interview vidéo de l'élu Vert Denis Baupin.
Pour un peu, on aurait cru à une union de la gauche. A la même table : PS, Verts, PCF, PG, NPA, Alternatifs, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, et Objecteurs de Croissance. Et toutes les tendances, c'est heureux, s'accordent sur le principal : il faut à Copenhague des objectifs chiffrés et ambitieux de réduction des GES, et des financements Nord/Sud, à hauteur de plus de 100 milliards d'euros.
Partant d'un constat partagé - les principes du capitalisme font que les Etats cherchent d'abord leurs propres intérêts - personne ne croit vraiment à un bon accord à l'issue de la COP-15. Tous espèrent malgré tout des avancées conséquentes. « Il n'y a pas de fatalité », juge Denis Baupin, pour qui les blocages peuvent tomber, comme le mur de Berlin :
Les divergence portent surtout, entre extrême gauche et gauche "traditionnelle", sur les mécanismes à mettre en oeuvre pour respecter les engagements. Le principe de la taxe carbone, par exemple, divise. Même si tous rejettent la manière dont elle a été mise en oeuvre en France, le principe a ses défenseurs, notamment chez les Verts, tandis que l'Internationale socialiste réfléchit à une taxe carbone universelle.
A l'échelle mondiale justement, la financiarisation du carbone fait débat. Pour le NPA, le marché du carbone est « un système vicié à la base ». En toile de fond, on retrouve l'acceptation ou non du système capitaliste.
Les mécanisme de compensation carbone, - de la plantation de forêts pour compenser des émissions de CO2, à des échanges de droits d'émissions entre pays – qui sont déjà possibles dans le cadre du protocole de Kyoto, sont eux aussi diversement appréciés.
Pour les uns, ils ne doivent pas être pris en compte dans les objectifs de réduction des GES ; pour d'autres ils sont acceptables, mais ne doivent rester marginaux. C'est l'avis de Denis Baupin :
Un point sur lequel on trouve à nouveau l'unanimité, c'est le mode de contrôle des transferts financiers du Nord vers le Sud. Pour les partis de gauche, pas questions que cela soit du ressort de la Banque mondiale ou du FMI. C'est sous l'égide de l'ONU que les fonds doivent être contrôlés.
Unanimité enfin sur la reconnaissance d'une « dette écologique » des pays riches. Parce qu'ils sont les plus gros pollueurs, depuis des décennies, et parce qu'ils ont créé leur richesse en bonne partie sur le dos des plus pauvres. Et cette dette prend bien des aspects, note Denis Baupin. L'élu Vert déplore ainsi l'actuel repli sur soi de l'Europe et de la France en matière d'immigration, alors qu'il faudra bien assumer l'accueil de réfugiés climatiques :