Jeudi 17 décembre 2009 4 17 /12 /2009 22:15

La COP-15 n'est pas terminée que les regards se tournent déjà vers Mexico. La capitale mexicaine accueillera la prochaine conférence des parties de l'ONU sur le climat, la COP-16, dans un an. Au vu du nombre de questions critiques restant à résoudre à Copenhague, traiter "l'urgence climatique" nécessitera un délai... à la va-vite en quelques jours, ou en un an d'ici Mexico ? Au Klimaforum, les représentants de la société civile ont déjà ce nouveau calendrier en tête.

 


Au Bella Center, tandis que les chefs d'Etat commencent les ultimes tractations dans la capitale danoise, difficile de prédire quelle sera l'issue des négociations. Bloquées ces derniers jours, elles ont paru repartir de l'avant ces dernière heures. Alors que les pays du Sud accusaient les plus riches de vouloir tuer le protocole de Kyoto (qui contraint ces derniers à des engagements précis), ses principes devraient rester sur la table. Le quotidien britannique The Guard

y voit « une victoire pour le monde en développement ».

Mais cette victoire sera-t-elle durable ? C'est une autre question. Car si la voie de Kyoto est conservée en principe, les négociateurs n'ont toujours pas avancé sur le fond. Tous les chiffres, ou presque, restent à déterminer. De plus en plus s'avance l'idée que la conférence de Copenhague pourrait déborder de son calendrier. Quelques heures, quelques jours supplémentaires, pour tenter de résoudre toutes les questions qui fâchent.

 

Un tel délai serait-t-il efficace ? Plusieurs observateurs et acteurs des négociations, et notamment chez les pays africains, assurent désormais à voix haute qu'il vaut mieux ne pas signer d'accord plutôt qu'un mauvais accord. La conférence de Copenhague aura été un gâchis : c'est ce que ressentent nombre de représentants des ONG, qui ne croient plus que la COP-15 aboutira à un traité juste entre riches et pauvres, et efficace pour contenir le réchauffement.

 

"Des heures de discussion pour rien"

 

Karin Orenstein, déléguée américaine des Amis de la Terre, fait le constat que « le président de la conférence cherche avant tout un compromis entre l'Europe et les Etats-Unis. Les pays pauvres ne sont pas pris en compte. » Le bolivien Cristian Dominguez, observateur au Bella Center, raconte avoir assisté à « des heures de discussion pour rien ».

Le Guardian, encore, cite un vétéran des négociations climatiques, pour qui la déclaration qui doit être adoptée par les chefs d'Etat, ce vendredi, se résumera à « une page et demie avec de jolis mots », tandis que les décisions importantes seront remises au prochain sommet.

 

C'est à dire à Mexico, en décembre 2010 ? Au Klimaforum, les représentants de la société civile s'y préparent déjà. Les ONG commencent à réfléchir à la suite à donner aux campagnes et aux actions, souvent hétérogènes, qui ont précédé et accompagné la conférence de Copenhague. D'autant que le continent sud-américain, par le biais de ses mouvements paysans et indigènes, est particulièrement actif pour mettre en avant la prise en compte de la responsabilité des pays riches et de la « justice sociale » dans la problématique du réchauffement climatique.

Pour Cristian Dominguez, c'est sûr, la conférence de Copenhague se soldera par un échec. Il considère alors que « l'enjeu maintenant, c'est de préparer la conférence de Mexico. Et la société civile doit réfléchir dès à présent à la façon dont elle devra agir. »

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : Négociations - Communauté : Ecologie et Environnement
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