En traitant dans le précédent billet des controverses autour du réchauffement climatique, je ne pensais pas y revenir si vite. Mais, à l'instant, j'apprends dans le Guardian qu'une polémique vient d'éclater en Inde. Conséquence de la publication d'un rapport officiel consacré aux glaciers de l'Himalaya.
Selon l'étude, la fonte de ces glaciers reste très limitée. Son auteur, Vijay Kumar Raina, met en cause les projections du GIEC, qui prévoit une fonte importante, et jusqu'à une disparition, de ces glaciers. Raina reconnaît que « les glaciers himalayens reculent. Mais il n'y a rien d'anormal. Rien qui puisse suggérer qu'il disparaitraient ». Car selon lui, le GIEC n'a pas pris en compte l'altitude extrême de la région.
Un des membres indiens du GIEC, Rajendra Pachauri, lui a répondu en mettant en cause la qualité scientifique du rapport. Et ajoutant que la fonte était attestée par les photos satellites.
Mais le plus étonnant, c'est le commentaire du ministre de l'environnement indien. Jairam Ramesh n'a pas hésité à forcer le trait, et mettre en cause les « scientifiques occidentaux », affirmant que ce rapport « défie la sagesse conventionnelle » en démontrant qu'« il n'y a pas de preuve scientifique pour lier le réchauffement climatique et ce qui arrive aux glaciers himalayens ».
L'étude conclut, c'est sensiblement différent, que « l'impact du réchauffement climatique sur la couverture glacière de l'Himalaya est sujet à discussion. ».
Les réactions n'ont pas tardé. Du côté des scientifiques, à commencer par le GIEC : « Je ne comprends pas les motivations du ministre », a commenté Rajendra Pachauri. Un ministre qu'il qualifie d'« arrogant ».
Même étonnement au sein même du gouvernement indien. Suniat Narain, un membre du cabinet du premier ministre, et directeur du Centre pour la Science et l'Environnement, dit « ne pas savoir à quoi joue (Ramesh) ». Quant au rapport, « il risque de créer beaucoup de confusion ».
Confusion ; tiens, on retrouve la conclusion du précédent article. La boucle est bouclée. Fin.