au Klimaforum

Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 17:26

apparts1.JPGParlons à nouveau de New Life Copenhagen, le projet qui permet à 3 000 étrangers d'être logés gratuitement à Copenhague, le temps de la COP-15, par 2 000 familles danoises. A l'origine de cette gigantesque chaîne d'hébergement, une communauté d'artistes, Wooloo.org. Avec New Life Copenhagen, l'oeuvre d'art est sociale. Il s'agit d'inviter les gens à vivre ensemble.

 


 

Il y a le côté pratique, évidemment : permettre de loger des centaines de personnes, simples citoyens venues du monde entier dans la capitale danoise. Mais il s'agit aussi de promouvoir l'ouverture d'esprit... loin de l'image, en partie vraie, d'un Danemark replié sur lui-même.

C'est ce qu'explique l'un des créateurs du projet, Randolph Albright :

 

 

Et puis, au-delà des rencontres entre hébergeurs et hébergés, il y a les aspects militants. New Life Copenhagen propose par exemple, humour noir mais vraie réflexion, ce contrat d'enterrement écologique, et s'associe à la campagne lancée contre les pratiques de Coca-Cola, notamment en Inde. Dans plusieurs régions du pays, les villageois accusent la compagnie de s'approprier l'eau et assécher les sols.

A travers tous ces aspects, Randolph Albright espère ainsi que des liens durables seront crées :

 

 

Et pour revenir à Coca-Cola, il est vrai que la marque s'affiche partout dans la ville, se représentant en « bouteille d'espoir », à l'image de cette affiche géante : cokenhagen.JPG

 

Coca est de fait l'un des principaux sponsor de l'événement culturel Hopenhagen, auquel participe également New Life Copenhagen. Mais Randolph Albright voit les choses ainsi : « ce n'est pas parce qu'ils achètent tous les panneaux qu'ils vont nous subvertir. C'est à nous de les subvertir. Pour que les gens réfléchissent à deux fois quand ils voient les publicités pour la bouteille d'espoir . Et se disent que c'est un poison pour la terre et les peuples du tiers-monde ».

 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : au Klimaforum - Communauté : Ecologie et Environnement
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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 11:06

ACTNOW-OBAMA.jpgAvant d'entrer dans la deuxième phase de négociations de la COP-15 – où interviennent, avant les dirigeants, les ministres de l'environnement – on ne peut pas dire que de grands progrès on été faits cette première semaine. Les tensions sont toujours aussi fortes entre les pays industrialisés et ceux en développement.

Dans la rue, ce samedi, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Copenhague pour la « justice climatique ».




A l'issue de cette première étape de négociations, la présidente danoise de la COP-15, Connie Hedegaard, évoque « des progrès considérables »... au sujet des transferts de technologies vertes et la prise en compte des forêts. Mais pour ce qui est des réductions d'émissions, des financements, le fossé reste immense entre les demandes des pays pauvres et les concessions des pays riches.

Pour José Bové, présent à la manifestation et aux débats du Klimaforum, c'est le rôle de la rue de soutenir les premiers dans le bras de fer :



Et le fossé existe aussi entre les tractations du Bella Center et les appels des manifestants.

Ce que demandaient les milliers de personnes dans les rues de Copenhague ce samedi, c'est que les responsables politiques « agissent maintenant », mais pas seulement avec des chiffres. C'est avant tout la « justice climatique », mot d'ordre de la manifestation pour appeler les pays industrialisés à assumer leurs responsabilités.

 

La manif en vidéo : 

 

 En toile de fond, toujours, les appels à changer les règles du jeu mondial pour faire passer les peuples avant l'argent. « Changeons de système, pas de climat », pouvait-on lire aussi sur les pancartes. Le mouvement altermondialiste, 10 ans après Seattle où il avait donné un coup d'arrêt à l'OMC, veut croire en sa force à Copenhague. Comme des milliers de personnes venus du monde entier dans la capitale danoise, José Bové fait le lien entre les deux manifestations :

 

 

En prélude au défilé, Vandana Shiva ne disait pas autre chose : il faut « construire un nouveau monde » :

 

 

Et ce qu'il faut retenir de cette manifestation, très dense et colorée, c'est que les revendications étaient festives. A l'avant du cortège, pas la moindre casse, le moindre accrochage. Les forces de l'ordre, elles, étaient relativement discrètes. Les trouble-fêtes sont restées en marge et n'ont cassé que quelques vitrines, pas l'ambiance ni le moral. Seul bémol, plusieurs manifestants se plaignent d'arrestations arbitraires.

Entre 30 000 et 100 000 manifestants, les chiffres sont à la hauteur des espérances. Mais en attendant de changer le système, les gouvernants gardent la main et les négociations vont se poursuivent au Bella Center, que la manifestation n'a fait qu'approcher.

Reste à savoir si les gouvernants auront entendu la voix de la rue. Kumi Naidoo, le directeur de Greenpeace International et de la campagne Tck Tck Tck, ironisait au départ de la manifestation sur la « surdité des dirigeants ». Mais attend toujours qu'il s'accordent, le 18 décembre, sur un traité « juste et ambitieux et juridiquement contraignant, pour protéger nos enfants et petits enfants » :




 

Par Arnaud Bihel - Publié dans : au Klimaforum - Communauté : Media - Actualité générale
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 22:15

vandana.jpgVandana Shiva est une combattante. Elle impose sa présence et parle haut et clair, à travers le monde, pour défendre les droits des peuples et de la nature. A Copenhague, elle refuse de prendre part au « casino politique » de la COP-15. Et appelle, au Klimaforum, à un changement de société : faire passer la terre et les peuples avant l'argent.

 



Après une première vie de physicienne de haut rang, Vandana Shiva est devenue depuis trente ans une militante écologiste sur tous les fronts. En dénonçant les risques du nucléaire, en défendant les forêts, les fleuves himalayens, les petits paysans... Aujourd'hui, elle se bat plus particulièrement pour les droits des fermiers et la souveraineté alimentaire, à la tête de la Commission Internationale pour l’Avenir de l’Alimentation et de l’Agriculture.

Elle dénonce le modèle d'agriculture industrielle, qui repose sur les produits chimiques, sur les énergies fossiles et sur les systèmes alimentaires globalisés, et prône à l'inverse une agriculture écologique et paysanne, au plus près des peuples. Un modèle sobre en gaz à effet de serre, et qui permet de répondre dans le même temps à la crise sanitaire mondiale, « une crise qui fait que dans le même temps un milliard de personnes ont faim, et deux milliards d'autres sont trop gros ».

En scientifique, elle ne remet pas en cause dans son ensemble le progrès technologique : « une technologie écologique et sociale fait partie des solutions. Mais une technologie qui raisonne en terme de profit est une partie du problème, et doit être rejetée. »

A Copenhague, elle vient s'attaquer notamment à l'expansion des OGM qui enchaînent financièrement les cultivateurs et détruisent la biodiversité. Pour contrer le brevetage des semences, cette commercialisation du vivant, elle propose avec l'association indienne Nadanya une banque de graines qui soutient un demi-million de fermiers dans le pays. Une forme de désobéissance civile dans la lignée de Gandhi qu'elle cite fréquemment, et prend toujours, en exemple.


La « fraude » de la COP-15


La voix des peuples contre la voix de ceux qui ont le pouvoir, gouvernants et multinationales. C'est celle que porte, avec force, Vandana Shiva. Pour elle, la COP-15 est un « casino politique ». Une « fraude », ce mot revient souvent quand elle évoque les négociations. Une construction qui part de « cette idée dangereuse que les gouvernements sont au centre et les peuples à la marge ».

Elle s'insurge contre le pouvoir donné aux institutions internationales, Banque Mondiale et FMI, aux dépens de l'ONU.

Elle fustige les principes de mécanismes de compensation, lesquels enrichissent les multinationales, « qui font de l'argent en polluant, puis de l'argent grâce à la fraude que représente le marché du carbone. »

Elle voit dans l'arrogance des pays riches, au sein de la COP-15, une menace contre la démocratie internationale. Des pays et leurs entreprises qui à ses yeux, cherchent « de nouveaux moyens, au nom du climat, de faire plus d'argent ». Cela vaut, à ses yeux, pour les pays occidentaux mais aussi pour l'Inde et la Chine, qui sont « manipulés ».


« Démocratie mutante »


Quand la lutte contre les OGM rejoint celle pour la démocratie : « Comme on a manipulé les plantes, pour en faire des mutantes, la démocratie est en train de muter : du pouvoir du peuple, pour le peuple, elle se transforme en pouvoir des multinationales, pour les multinationales ».

Alors, Vandana Shiva en appelle encore à Gandhi et sa Satyagraha, « l'expérience de vérité » qui engendre la désobéissance, la non-coopération. C'est ce qu'elle attend de la part des peuples, mais aussi des représentants des pays d'Afrique, des Andes, des petites îles, ou de l'Himalaya dans les discussions de la COP-15. Ils doivent claquer la porte s'il le faut : « J'espère que certains pays auront le courage de dire non à l'injustice et au mensonge ». « Car ils n'ont rien à perdre ».

Au fond, c'est un modèle de société que Vandana Shiva veut transformer. Celui de la société occidentale actuelle, fondée sur le profit. Elle appelle à un « changement culturel », pour passer d'un système centré sur « l'extraction » des ressources terrestres et des ressources des peuples, à un système qui prennent d'abord en compte la terre et les peuples ; ce qu'elle appelle une « démocratie de la terre ».





Par Arnaud Bihel - Publié dans : au Klimaforum - Communauté : Ecologie et Environnement
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 15:02

C'est une affaire de peuples. Loin des tractations en costume de la COP-15, le Klimaforum est une fourmilière où échangent des représentants du monde entier. Plus qu'un forum alternatif sur le climat, ce sont les questions de justice sociale qui ressortent, et la mise en cause d'un système qui fait passer le profit avant la terre et les droits des peuples. Un renouveau altermondialiste, en somme. Le Klimaforum vient d'adopter une "déclaration des peuples", soutenue par 70 organisations et participants de 192 pays. Et insiste sur la nécessité d'un regard global sur le système : « la crise actuelle comprend des aspects économiques, sociaux, environnementaux, géopolitiques et idéologiques qui se répondent et se renforcent les uns les autres, tout autant que la crise climatique. »


Le texte, qui sera présenté la semaine prochaine aux négociateurs de la COP-15, s'appuie sur les demandes suivantes :

- L'abandon complet des énergies fossiles d'ici 30 ans.

- Une réduction des gaz à effet de serre des pays industrialisés d'au moins 40% en 2020 par rapports aux niveaux de 1990.

- La reconnaissance et le paiement de la dette climatique par les pays riches.

- Le rejet des fausses solutions centrées sur le marché et la technologie, telles que l'énergie nucléaire, les agro-carburants, la capture et le stockage de carbone.


On est loin, on le voit, des tractations en cours au Bella Center. C'est pourtant “sur ce texte que devraient travailler” les négociateurs de la COP-15, a rappelé la militante indienne Vandala Shiva, l'une des premières signataires du texte.

Au Bella Center, justement, le fossé semble se creuser entre pays riches et pays pauvres. La nuit dernière, le représentant du G77, Lumumba Stanislaus Di-Aiping, a quitté une réunion en affichant sa colère : “la conférence va sans doute faire naufrage à cause des mauvaises intentions de certaines personnes”, a-t-il menacé.


Par Arnaud Bihel - Publié dans : au Klimaforum - Communauté : Ecologie et Environnement
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